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L’Homme qui tua Liberty Valance, ou la constitution imaginaire du peuple

par Gérard Bras  Du même auteur



Notes

(*) Une première version de ce texte a été présentée lors de la séance des « Écrans philosophiques » et du séminaire « Figures et concepts du peuple », tenue le 5 avril 2006, organisée par le CIPh, la Maison Populaire et le cinéma « Le Méliès » de Montreuil. La discussion qui a suivi l’exposé m’a permis d’enrichir et d’approfondir ma réflexion. Que tous les participants soient ici remerciés.
(1) Je voudrais mentionner en premier lieu le livre de J.-L. Leutrat, L’Homme qui tua Liberty Valance (Nathan). Pour une interprétation en termes de philosophie politique, mais prenant une orientation un peu différente de la mienne, je renvoie aux deux textes de Gertrud Koch et Hauke Brunkhorst dans le n°56 de la revue Trafic, « Politique(s) de John Ford ».
(2) Manoel de Oliveira a montré l’importance des portes et des passages de portes dans le cinéma de Ford. Cf. l’entretien qu’il lui consacre dans John Ford, sous la direction de P. Rollet et N. Saada (Les Cahiers du Cinéma).
(3) H. Arendt, Essai sur la révolution, Gallimard, 1967, p.316.
(4) On ne peut que penser à Madison : « Nous définirons une république, ou du moins ce qu’on peut appeler de ce nom, un gouvernement qui tire tous ses pouvoirs directement ou indirectement de la grande masse du peuple, et qui est administré par des personnes qui tiennent leurs fonctions d’une manière précaire pour un temps limité, ou tant qu’elles se conduisent bien ». Cité par A. Negri, Le Pouvoir constituant, PUF, p.219.
(5) Il faut noter que si le saloon n’est pas doublé par un lieu qui en serait comme la vérité, il a un pendant dans la taverne des Mexicains, son autre où se réunit une fraction incluse/exclue du peuple. Les deux lieux s’ignorent et ne communiquent pas : seul le personnage de Peabody peut passer de l’un à l’autre. Ainsi s’expose l’une des lignes de fracture qui traversent la Cité.
(6) G. Deleuze, L’Image-mouvement, p.205.
(7) Ces formules empruntent beaucoup à J.-T. Desanti, Un destin philosophique.
(8) « Il est donc vrai de dire que tout le monde est dans l’illusion, car encore que les opinions du peuple soient saines, elles ne le sont pas dans sa tête, car il pense que la vérité est où elle n’est pas. La vérité est bien dans leurs opinions, mais non pas au point où ils se figurent. Il est vrai qu’il faut honorer les gentilshommes, mais non pas parce que la naissance est un avantage effectif, etc. » Pascal, Les Pensées, édition Lafuma, fragment 92. Cf. aussi les fragments 90-95.
(9) Cette remarque est due à J.-L. Leutrat, op.cit., sur lequel je m’appuie dans ce qui suit.
(10) Op.cit., p.103.

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