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Back To No Future

par Paul Mathias  Du même auteur

      Pierre Todorov  Du même auteur

Sauf à penser l’expérience de l’événementialité du Rock non comme la rencontre d’une réalité qui lui préexiste, mais comme la matrice singulière, rivée à son instantanéité, d’une réalité qui se diffuse à travers elle et s’évanouit aussitôt dissipée son énergie propre. Du Rock, il faudrait alors dire qu’il a eu lieu sans avoir plus lieu. Mais de chaque expérience, en retour, dans sa singularité, qu’elle est sans avoir jamais été. Comment dès lors penser cette instantanéité - Comme la fragmentation, la fissure assumée, la béance suspectée d’une orgueilleuse expérience de vie opposée, juxtaposée, contraposée à elle-même. Syndrome, effectivement « populaire », du magnifiquement célébré « cracked actor »[47].



Notes

(1) Film de 1957 avec Jerry Lewis en victime rock des rockers.
(2) Sorti en 1986 et comptant David Bowie et Ray Davies (The Kinks) au nombre de ses acteurs vedettes, ce film fut un échec commercial retentissant.
(3) L’hebdomadaire musical Melody Maker titrait en mars 1964 : Would you let your sister go with a Rolling Stone- – « Laisseriez-vous votre sœur sortir avec un Rolling Stone- »
(4) Jimi Hendrix, Are you experienced-, 1967.
(5) Titre d’une des versions du film de Jean-Luc Godard où celui-ci utilise des images des sessions d’enregistrement de Sympathy for the devil par les Rolling Stones.
(6) Cf. Bill Wyman, Rolling with the Stones, EpA/Hachette-Livre, Paris, 2003, notamment p.147, p.163, p.178, etc.
(7) Andrew Loog Oldham, notes de pochette de l’album The Rolling Stones, Decca, 1964 : The Rolling Stones are more than just a group : they are a way of life. – « Les Rolling Stones sont plus qu’un simple groupe : ils sont un mode de vie. »
(8) My Generation, The Who, 1965, Get Off Of My Cloud, The Rolling Stones, 1965, ou Why Don’t We Do It In The Road, The Beatles, 1968, et pour la figure de la rédemption par le Rock, « Her life was saved by rock’n’roll » – « Le rock’n’roll lui a sauvé la vie » – in Rock’n’Roll, The Velvet Underground, 1970.
(9) Une piquante analyse du perfecto est donnée par le sémioticien Peter Lunenfeld dans son « Endtroduction » à Brenda Laurel, Utopian Entrepreneur, MIT Press, Cambridge (MA), 2001, p.111-112.
(10) Ce qu’une chanson française a popularisé sous la dénomination de « rock’n’roll attitude ».
(11) Ce que pourrait pour le moins montrer l’histoire du mariage du rap et du Rock depuis RUN DMC et Aerosmith et leur Walk this way (1986) jusqu’au Grey Album de D.J. Danger Mouse (2002), coalescence du White Album des Beatles (1968) et du Black Album du rappeur Jay Z. (1999).
(12) Sur la tension entre « tradition » et « rupture », comparer d’une part : « No Elvis, Beatles, or The Rolling Stones in 1977 », The Clash, 1977 – titre d’une chanson de la même année, CBS ; et d’autre part : « I was in love with the Beatles, I was in love with the Stones, I was in love with Bobby Dylan, Because I’m in love with rock’n’roll », Generation X, Ready Steady Go, Chrysalis, 1978.
(13) « Hey Hey My My (into the Black) », in Rust Never Sleeps, Reprise, 1979.
(14) The Stooges et The MC5.
(15) Parmi les figures emblématiques du critique Rock, citons : Lester Bangs aux États-Unis, Nick Kent en Grande-Bretagne, et en France Yves « Sweet Punk » Adrien, alias « Orphan ». – Voir aussi Presque célèbre, le film de Cameron Crowe qui relate avec finesse la naissance d’une vocation (2000).
(16) Du « Mr Writer » de The Stereophonics (V2, 2001) aux plus obscurs Clinic (« IPC – éditeur de l’hebdomadaire musical britannique NME – subeditors dictate our youth », Alladin’s Cave of Golf, 1997) ou Of Montreal, « There’s Nothing Wrong With Hating Rock Critics », If He Is Protecting Our Nation…, Polyvinyl, 2007.
(17) Une rythmique principalement binaire au tempo accéléré, une douzaine de mesures et des accords de type 1-4-5, enfin une puissance de chant toute particulière parfois rehaussée d’un détournement percussionniste des instruments (slapping).
(18) Les influences n’étant du reste pas à sens unique, comme en témoigne la célébration par Bob Marley de la Punky Reggae Party (1978).
(19) Par ex. « Under My Thumb », in The Rolling Stones, Aftermath, Decca, 1966.
(20) « Lola » des Kinks, album éponyme, Pye, 1970.
(21) Voir l’être « hybride » dans lequel se transforme David Bowie sur la pochette de l’album Hunky Dory, RCA, 1972.
(22) In My generation, Brunswick, 1965.
(23) Titre d’une chanson de l’album The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, RCA, 1972.
(24) Repris par Neil Young à travers le célèbre « It’s better to burn out than it is to rust », op. cit.
(25) Sid Vicious, Johnny Thunders, et plus récemment Kurt Cobain – sans oublier un groupe décimé comme The Pretenders.
(26) Alice Cooper, 1970.
(27) Le premier est mort dans un accident automobile, le second dans un accident d’avion.
(28) In Sticky Fingers, Atlantic, 1971.
(29) Paroles de la chanson « Time », in Aladdin Sane, RCA, 1973.
(30) La petite histoire veut que ce soient Phil Kaufman, son road manager, accompagné de Michael Martin, un intime de Gram Parsons, qui aient « volé » le corps de l’artiste à l’aéroport de Los Angeles – d’où il devait être transporté en Louisiane – pour l’emmener dans le désert de Joshua Tree et l’y brûler.
(31) « Le King est mort, mais il n’est pas oublié », Neil Young, « Hey Hey My My (Into the black) », op. cit.
(32) Les plus belles « paroles » du Rock seraient-elles des onomatopées- « A Wop Bop A Lu Bop A Wop Bam Boom » de Little Richard ou bien « Be Bop A Lula » de Gene Vincent plaident en ce sens!
(33) Cf. les articles de Jean-Jacques Larrochelle pour Le Monde TV & Radio daté des 22 et 23 juillet 2007, p.2-3.
(34) Des groupes The Nice, puis Emerson, Lake, & Palmer.
(35) Traduction française in Lester Bangs, Psychotic reactions & autres carburateurs flingués, Tristram, Paris, 2006, p.25-44.
(36) Op. cit., p.32.
(37) Publié dans Creem en novembre et décembre 1970. Traduction française : « Le Pop, les Tartes, le Pied : un programme de libération de masse sous forme de critique d’un disque des Stooges, ou : Qui est l’imbécile- », op. cit., p.59-89.
(38) Op. cit., p.60.
(39) Expression de Montaigne, Essais 2-11, « De la cruauté », éd. Villey, Paris, PUF, 2001, p.427.
(40) The Mamas and the Papas, en bonne part, mais aussi en mauvaise part l’insondable et inimitable ineptie d’« Ob-La-Di Ob-La-Da » des Beatles.
(41) Bob Dylan ou Simon & Garfunkel.
(42) Pensons à Yes ainsi qu’aux par ailleurs excellents Deep Purple, mais aussi et surtout aux « recherches » sirupeuses des Pink Floyd, parmi lesquelles notamment le trop fameux The Dark Side of the Moon, Harvest, 1973.
(43) Arthur Rimbaud, Une saison en Enfer, « Adieu ».
(44) Roxy Music, « A Song For Europe », in Stranded, Island, 1973.
(45) On estime que la question du statut des formes logico-spirituelles permettant de fixer la réalité et de se la rendre intelligible date de l’Isagoge de Porphyre, au IIIe siècle de notre ère – édition française Paris, Vrin, 1998.
(46) Sister Sledge, « Lost in Music » in We Are Family, Warner, 1979.
(47) Titre d’une chanson de David Bowie, in Aladdin Sane, RCA, 1973.

Plan de l’article
  • Une ontologie Rock
  • À défaut d’une histoire

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