Livres : la philosophie en débats, 2011-2012



Parmi les activités conduites depuis de longues années par le Collège International de Philosophie, les « samedis du livre » occupent une place particulière : fondés sur le principe d’un échange entre l’auteur d’une publication philosophique récente et plusieurs spécialistes du domaine concerné, accueillis par plusieurs bibliothèques municipales d’Ile-de-France, ces débats s’installent ainsi à la croisée de logiques réputées incompatibles, logiques entre lesquelles le Collège n’entend nullement choisir – celle d’une contribution de haut niveau à la recherche en mouvement, celle d’une popularisation des travaux philosophiques contemporains auprès du grand public. Donner accès à tous à la « philosophie se faisant » (pour reprendre une tournure qu’affectionnait Merleau-Ponty), tel est le pari des « samedis du livre ».

En cette période estivale, Rue Descartes vous propose de retrouver en podcasts une sélection de ces débats autour d’un livre, organisés en 2011 et 2012 et diffusés sur « Plateformes », la webradio de France-Culture, partenaire du Collège.


Claude Romano, Au coeur de la raison, la phénoménologie.

Débat organisé le 5 février 2011. Intervenants : Claude Romano, Mickaël Foessel, Elise Marrou, Martin Rueff.

Retrouvez ce débat sur la webradio de France-Culture

 

« D’abord, le rapprochement des termes « raison » et « phénoménologie » surprend. La phénoménologie avait pour ambition première de redécouvrir la réalité du monde que nous habitons par le célèbre « retour aux choses mêmes », et la tentative de redéfinir les catégories de la raison pour entendre, écouter le monde tel qu’en lui-même. Claude Romano reprend brillamment les choses à la racine. Soutenir l’actualité de la question phénoménologique, c’est affirmer que la prégnance accordée depuis Wittgenstein au langage n’a pas rendu superflue une philosophie de l’expérience; c’est poser l’existence de structures d’expérience et de perception du monde, des autres, de nous-mêmes antérieures au langage mais avec lesquelles l’intelligence du langage est en continuité étroite. Ce dont il retourne avec la phénoménologie, ce n’est pas seulement le statut de l’expérience en tant que telle, ni le statut du langage et de ses significations, mais leur problématique unité et, à travers elle, le problème de la raison lui-même. Ce qu’elle a cherché à élaborer en premier lieu, c’est une nouvelle image de la raison. Claude Romano, faisant dialoguer les traditions kantienne, analytique et continentale notamment, nous offre une traversée de la philosophie contemporaine. »


David Rabouin, Vivre ici – Spinoza, éthique locale.

Débat organisé le 5 mars 2011. Intervenants : David Rabouin, Pierre Cassou-Noguez, Pascal Sévérac, Lorenzo Vinciguerra, Pierre Zaoui.

Retrouvez ce débat sur la webradio de France-Culture.

« « Et soudain, devant l’injonction à répondre, s’imposa à moi la possibilité d’une solution : tourner, comme souvent, la faiblesse en force, l’échec en programme. “Tu te souviens que Spinoza dit quelque part que les choses sont produites par Dieu avec la même nécessité qu’il résulte de l’essence d’un triangle que ses angles sont égaux à deux droits. Nous savons aujourd’hui que cette prétendue ‘nécessité’ découle d’un choix d’axiomes et non d’un absolu fixé une fois pour toutes. Dans la géométrie de Riemann, cette mesure des angles peut même varier d’un point à l’autre, selon la courbure de l’espace. Je crois que j’aimerais pouvoir être ce genre de ‘spinoziste’ là : qui conserve le système, mais ne croit plus à l’essence du triangle et à l’absolue nécessité de la géométrie”. Un spinoziste riemannien, en somme. » (David Rabouin).



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