Le terrorisme global sur fond de posthistoire

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Le terrorisme global sur fond de posthistoire

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Dès l’aube du xxie siècle l’opinion publique mondiale a été envoûtée par les images d’un nouveau terrorisme qui n’est pas reconnaissable sous les traits classiques de la violence subversive. Reproduit en temps réel à l’échelle du globe par une scène médiatique puissante, ce terrorisme a provoqué une angoisse générale dépassant les frontières nationales et s’est assorti d’un consensus sécuritaire portant atteinte aux démocraties et aux règles du droit international à partir d’une logique qui prend ses distances à la fois avec le pluralisme international et le réalisme politique, en inaugurant sans solution de continuité un type de guerre globale qui n’est pas limitée dans l’espace ou dans le temps.

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La réponse de l’empire américain et de ses alliés est en effet la « guerre préventive », c’est-à-dire une « troisième guerre mondiale » [1][1] C’est l’expression employée par le président George..., globale et illimitée, dont la direction est soustraite à la visibilité et au contrôle des publics démocratiques et qui s’est assortie d’une rhétorique renouant avec les figures eschatologiques de la lutte manichéenne contre le mal, n’étant en somme que l’image inversée des proclamations théologiques des terroristes dans les médias globalisés : dans les deux cas il s’agit, au nom de la « justice infinie » [2][2] On connaît ici la référence du président George Bush... et de la lutte contre le mal incarné par l’autre, de la figure d’une croisade d’extermination absolue et inconditionnelle légitimée par la morale ou la religion, sans aucune forme de médiation politique. Ce terrorisme, dont l’acte de naissance est l’attentat du World Trade Center en 2001, tient lieu, dans sa brutalité suicidaire et dans le type de réponse qu’il a suscité, d’appareil de dépolitisation et d’aplatissement démocratique.

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La figure de la terreur, dans la rhétorique de la nouvelle « guerre » antiterroriste, aurait ainsi un voisinage sémantique avec la notion de mal radical, le radikale Böse kantien [3][3] E. Kant (1793), La religion dans les limites de la..., une donnée si prétendument mystérieuse et enfoncée dans notre nature morale qu’elle relève d’une condition existentielle et ontologique, inexplicable par des causes historiques ou des structures sociales, se réduisant à une pure condition de la finitude humaine. Mais à la différence de Kant, pour qui le sujet du radikale Böse est l’individu ordinaire dans la condition conflictuelle de sa finitude universelle, c’est-à-dire chaque homme, le criminel terroriste, quant à lui, est dépeint sous les traits de la plus extrême inhumanité, figure brutale de l’Autre absolu, issue du monde barbare.

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Le sujet de ce nouveau terrorisme est tout aussi bien l’agent suicidaire, le réseau criminel qui lui sert d’organisation et l’État « voyou » qui lui tient lieu de sanctuaire. Ils incarnent tous le nouvel « axe du mal », à la fois inexplicable historiquement et inexpugnable politiquement. Cela contraint la politique internationale et les publics à avaler crûment les faits sans ouvrir un débat sur les causes ; à avaler sine die l’invasion illégale de l’Irak et celle, prétendument plus correcte, de l’Afghanistan, ainsi que de graves entorses aux droits de l’homme, imposées aux publics démocratiques dans la logique d’un état d’exception sans fin et d’une guerre potentiellement infinie.

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Le phénomène du nouveau terrorisme semble ainsi subvertir le cadre classique de la guérilla et de la guerre, qui ne sont que le prolongement de la politique par d’autres moyens[4][4] K. von Clausewitz (1815), Vom Kriege, éd. Dümler, Berlin,..., orientées par des buts politiques compréhensibles, comme la subversion anticolonialiste, obéissant à la rationalité weberienne des fins (Zweckrationalität) et s’assortissant de la possibilité de négociations entre ennemis. La politique sécularisée est ainsi en net repli à l’intérieur même du monde dit civilisé et de l’Humanitas contemporaine, qui ne tire désormais son sens que de l’opposition à l’inhumanité barbare, cette incarnation du mal qui transcende toute approche historique, basculant plutôt du côté théologique à partir des modèles de comportement diaboliques.

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Ainsi, les catégories qui auparavant coordonnaient notre représentation du pluralisme politique apparaissent désormais dépassées pour penser cette nouvelle donne : ni les notions de l’agir rationnel comme celles d’intérêt ou de but stratégique ni les notions politiques de différend et de dissensus[5][5] J.-F. Lyotard (1983), Le différend, Minuit, Paris. ne permettraient de penser la dimension d’altérité brutale et extrême avec laquelle le nouveau terrorisme viendrait défier, dans sa folie suicidaire, la civilisation moderne, qui sous sa forme capitaliste semble devenir, par métonymie, la civilisation tout court, cette catégorie surannée seulement ravivée par la crainte de l’autre, du « non civilisé », du « barbare ». La nouvelle configuration tomberait alors sous le concept de guerre d’extermination totale déjà esquissé par Carl Schmitt en termes de guerre des religions ou de guerre humanitaire[6][6] Carl Schmitt (1938), Der Leviathan in der Staatslehre..., caractéristique des guerres prémodernes.

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Cela étant dit, plusieurs questions nous viennent immédiatement à l’esprit : pourquoi ce nouvel épisode dans l’histoire de la terreur et de la violence apparaît-il précisément maintenant ? Peut-on continuer de parler du terrorisme comme s’il s’agissait d’une condition théologique soustraite à toute causalité historique et politique ? Ses causes ou origines n’entretiennent-elles aucun rapport avec la modernité postcoloniale et la mondialisation capitaliste ? Essayons de voir si le rapport de notre propre civilisation moderne à la terreur ne nous conduit pas à sortir de la grammaire du choc des civilisations.

La terreur comme fait de civilisation moderne

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Le tableau du terrorisme global sur fond théologique de mal radical, de choc des civilisations ou de guerre des religions fait fi des antécédents historiques et politiques et force en même temps à une perception abstraite, caricaturale et artificielle, qui fait du terrorisme l’autre de notre civilisation. Les remarques qui suivent permettent d’aborder, sinon une histoire politique du 11 septembre, du moins une sémantique politique et historique du terrorisme, que nous voulons comme condition préalable pour approcher le nouveau phénomène du terrorisme global :

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a) Le mot terrorisme, dérivé de terreur, bien que supposant l’emploi de la violence, renvoie toujours, comme on sait, au domaine de la peur, c’est-à-dire de l’impression ou représentation subjective ou intersubjective qui suit l’acte de violence proprement dit. Le mot terreur est issu en effet du latin terreo, effrayer, qu’on peut comparer à son tour au terme grec tarasso, épouvanter, troubler, émouvoir [7][7] cf. Francis Edward Jackson Valpy Etymological Dictionary.... Si la peur a toujours été à la base du despotisme politique et de la domination, les premiers à faire montre de la terreur à des fins politiques n’ont pas été les criminels hors-la-loi ni les tyrans barbares mais le gouvernement républicain lui-même dans ces années 1793-1794 de la Révolution française, auxquelles l’expression de Terreur a été accolée, synthèse d’une action et d’un discours révolutionnaire qui n’hésitait pas à revendiquer la terreur comme instrument exceptionnel de la souveraineté politique face à la contre-révolution [8][8] Robespierre, Discours du 25 décembre 1793 et du 5 février....On ne reverra que rarement un groupe ou un gouvernement reconnaître explicitement son recours à la terreur en tant qu’instrument légitime d’action politique ou militaire, même si la violence, quant à elle, est admise comme un recours légitime de l’État ou de l’action révolutionnaire.

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b) Dans l’histoire du xxe siècle, le terrorisme a été défini par la loi étatique, notamment à chaque fois qu’il en a été question dans les résistances nationales urbaines et paysannes contre les administrations coloniales, comme une constellation antimoderne, barbare et criminelle relevant des lois d’urgence et de l’état d’exception permanent. Mais précisément, si le terrorisme a toujours été dépolitisé et criminalisé par les États coloniaux, cela n’a pas empêché la sécurité intérieure des colonies, sous couverture des clauses d’exception, de se réapproprier les méthodes terroristes, même si, après basculement des situations militaires sur le terrain, elle pouvait se montrer prête à reconnaître l’ennemi et à négocier avec lui [9][9] R. Samaddar, « Law and Terror in the Age of Constitution-Making »,....

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c) La politique de disparition de personnes appliquée systématiquement par les juntes dictatoriales dans les pays du cône sud d’Amérique Latine dans les dernières décennies des années soixante-dix, inspirées des pratiques coloniales de l’OAS [10][10] OAS, Organisation Armée Secrète, organisation militaire... et des techniques antisubversives de la CIA au Vietnam, et non sans l’acquiescement ou l’indifférence des sociétés civiles respectives, est une forme incontestable de ce terrorisme moderne, dit terrorisme d’État. Aussi peut-on déceler en amont jusqu’aux méthodes de l’administration coloniale anglaise en Inde pour comprendre à quel point l’état d’exception permanent a été un mode propre de la sécurité intérieure des États coloniaux enraciné dans le recours à la violence et à la terreur contre-insurrectionnelle [11][11] R. Samaddar, op. cit.. Les événements actuels de la prison illégale de Guantánamo, des transports clandestins de prisonniers de la CIA au large de l’Europe, voire des prisons secrètes de la CIA en Europe Centrale et de l’usage systématique de la torture contre les suspects sont impensables sans ces antécédents.

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d) Comme l’affirme Peter Sloterdijk [12][12] P. Sloterdijk, « La guerra de gas o : El modelo atmoterrorista »,..., le xxe siècle a inauguré la terreur militaire à l’échelle des masses : le recours illimité au gaz dans les guerres de tranchées lors de la Première Guerre Mondiale, les camps d’extermination, les génocides, les bombardements civils et le recours à la bombe atomique en sont une preuve incontestable. Sloterdijk définit la terreur de la guerre contemporaine comme un type de violence ne s’exerçant pas de manière discriminée sur des corps visés en particulier, mais sur des populations, au sens où le dommage dit auparavant collatéral en devient l’enjeu central, permettant de mesurer les nouvelles violences à l’échelle des populations entières.

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Nous ne prétendons pas avec ces réserves sémantiques et historiques noyer la singularité brutale et criminelle du nouveau terrorisme global. Pourtant il semble au vu des remarques précédentes que la singularité du terrorisme actuel tient à l’échelle massive de sa brutalité [13][13] Il faut reconnaître que déjà en juillet 1994 l’attentat..., sans précédents dans le terrorisme des groupuscules subversifs, et qui semble constitutive de son inscription comme spectacle de grande consommation globale, porteur en même temps d’un vide politique que ne dément pas la rhétorique théologique et eschatologique de ses auteurs : les moyens, l’échelle de la brutalité et les discours des terroristes s’inscrivent en faux contre toute interprétation politique du sens de leurs actes [14][14] Sur la différence entre violence et brutalité voir.... La violence n’apparaît ainsi que comme ordonnée à la brutalité du spectacle global et n’ayant d’autre fin déterminable que la performance proprement dite, dans une autoréférentialité actancielle qui rappellerait l’esthétique des grands shows de terreur ; posés à leur échelle massive, les crimes terroristes renvoient à un registre hollywoodien, certes alimenté des annales de la guerre contemporaine mais aussi d’une logique du spectacle des masses bien rompu aux techniques cinématographiques de choc. Ainsi, le terrorisme global s’insère comme réalité après avoir été anticipé à la fois par l’art de la guerre contemporaine et par la fiction dans le cinéma de masse, à l’aide des supports technologiques, lubies et extravagances électroniques des sociétés technologiques.

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Dans cette perspective, une analyse sémiotique du « nouveau terrorisme » devrait commencer par vérifier si le côté formellement vide, spectaculaire et médiatique du terrorisme global, au détriment de toute signification véritablement agonale, n’est que le chaînon d’une machine de dépolitisation qui tourne déjà à plein dans la société globale de marché et du spectacle de masse, et qui ronge la culture démocratique. Cela permettrait de contester le monopole herméneutique de la notion de terrorisme qui renvoie cette réalité à l’autre de la civilisation moderne, dans le cadre de la théorie huntingtonienne du choc des civilisations ou de la théorie schmittienne de la guerre des religions : il s’agirait bien plutôt de l’œuf du serpent gisant au cœur même de notre civilisation technologique postindustrielle, en tant qu’expression de sa puissance de dépolitisation posthistorique. La naissance de l’État de surveillance technologique d’échelle globale ne serait ainsi que l’aboutissement politique d’un affaiblissement, déjà entamé de longue date, des sociétés démocratiques issues des révolutions modernes [15][15] Voir G. Agamben, État d’exception. Homo Sacer II, I,....

Sémantique revisitée : Les mots « terreur » et « terrorisme » ont-ils la même signification après le 11 septembre ?

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Avant le 11 septembre, succinctement nommé ainsi par minimalisme et pudeur sémantiques devant la brutalité inouïe de l’événement [16][16] J. Derrida et J. Habermas, Le “concept” du 11 septembre,..., avant même que cela n’inaugure une syntaxe de nomination sérielle pour désigner des événements terroristes du même type, le mot « terrorisme » faisait partie d’un jargon de disqualification politique visant à définir la bestialité criminelle de l’ennemi pour justifier celle des États et rendre légitime le recours à l’état d’exception. Après le 11 septembre, cependant, il semblerait que quelque chose se soit dramatiquement déplacé dans l’espace sémantique de ce que nous associons aux termes de « terreur » et « terrorisme ». Cette série événementielle semble dotée de caractéristiques inouïes qui ne sont plus liées à un profil idéologico-politique classique dans le cadre des insurrections nationales ou des traditions anticolonialistes, en tant qu’aspects d’une lutte stratégique ou d’une guerre d’émancipation. Le 11 septembre a inauguré une figure eschatologique et esthétique de la terreur, davantage liée à une sortie forcée de la politique séculaire moderne qu’à une lutte politique que nous pourrions décoder en termes de luttes pour le pouvoir dans le cadre des États nationaux. Nous pouvons ainsi faire l’exercice d’une exscription[17][17] Sur l’exscription en tant que logique inversée d’émergence... : le sens de la nouvelle terreur globale ne réside pas dans des performances complètement vides des terroristes suicidaires mais dans les transformations émergentes de l’environnement politique mondial. La terreur apparaît ainsi comme un détonateur biopolitique avec la même portée qu’un processus catastrophique de grande échelle [18][18] M. Foucault, Naissance de la biopolitique, Gallimard,..., en restructurant la gestion de la sécurité à l’échelle planétaire d’un mode sans précédent dans la politique mondiale.

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Le critique d’art Charles Jenks déclare que « L’architecture moderne est morte à Saint Louis, Missouri, le 15 juillet 1972 à 15 heures et 32 minutes » [19][19] C. Jenks, The Language of Post-Modern Architecture,.... C’est l’heure à laquelle l’immeuble Pret-Igoe, inauguré en 1955, a volé en éclats. Il était bâti selon les normes du fonctionnalisme moderne, géométrique et minimaliste, majestueusement sobre, selon les doctrines esthétiques et urbanistiques de Le Corbusier et Mies van der Rohe. L’explosion était une réaction contre le rationalisme en architecture et correspondait à un mouvement qui se préparait depuis les émeutes de 1968. C’est le début de ce que Lyotard appellera la « postmodernité » en empruntant précisément ce terme à l’architecture, mais en le faisant assortir du phénomène herméneutique devenu célèbre de la fin des grands récits propres de la modernité [20][20] J.-F. Lyotard, La condition Postmoderne, Minuit, Paris,.... Or, nous pouvons nous demander, comme le suggère Felix Duque [21][21] F. Duque, Terror tras la postmodernidad, Abada Eds.,..., si la postmodernité ne s’est pas achevée à son tour avec l’explosion du 11 septembre. La postmodernité en effet correspond selon Duque à une période d’environ trente années, de détente d’abord et puis de fin de la guerre froide, ayant mené à une politique « ludique » dont mai 1968 a été le détonateur. La période postmoderne serait ainsi celle de la relativité des jeux de langage [22][22] L. Wittgenstein (1953), Recherches Philosophiques,... et de l’avènement des différends marqués au niveau épistémologique par le tournant linguistique des sciences humaines, et au niveau politique par une nouvelle compréhension micro-historique et micropolitique des résistances en rupture avec les philosophies de l’histoire et les universels idéologiques des deux siècles précédents. Or, en ce sens, pour Duque, le nouveau « dramatisme » macropolitique des événements du 11 septembre 2001 viendrait marquer une sortie brutale du « ludisme » postmoderne.

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Mais précisément, peut-on lui rétorquer, s’il s’avère que nous quittons la postmodernité de la main du 11 septembre ce n’est certainement pas pour revenir à une modernité d’avant la postmodernité. Le nouveau terrorisme est en effet trop antipolitique et global, trop spectaculaire et vide pour se codifier dans le cadre de la modernité historique ; la société de surveillance globale que l’exscription du terrorisme permet de dégager accuse déjà tout le poids d’incompréhension et de vide politique qui est propre à la mondialisation. Certes, Duque a bien raison de signaler le côté macropolitique et dramatique du terrorisme, en opposition avec toute syntaxe micropolitique exprimée en termes de différends linguistiques postmodernes compris comme résistances fragmentaires et luttes pour la différence. Dans cet horizon cependant il se peut que l’épisode terroriste de grande échelle ne soit que le signe d’une biomodernité post-historique, d’une ère de gouvernementalité biopolitique sacrifiant la démocratie à la gestion autoritaire de notre survie. Et cette biomodernité, de plus en plus entremêlée à une géopolitique des ressources naturelles, ne ferait que confirmer le fossé entre notre présent d’une part et toute signification historique ou politique d’autre part, abandonnée plutôt sous les ruines d’une émancipation historique qui était encore de mise dans le cadre de la modernité.

Notes

[1]

C’est l’expression employée par le président George Bush le jour même de l’attentat du 11 septembre pour parler de la nouvelle situation internationale.

[2]

On connaît ici la référence du président George Bush à « la justice infinite » comme leitmotiv politico-militaire au lendemain de l’attentat du World Trade Center.

[3]

E. Kant (1793), La religion dans les limites de la simple raison, Vrin, Paris.

[4]

K. von Clausewitz (1815), Vom Kriege, éd. Dümler, Berlin, 1966, trad. De la guerre, Minuit, Paris.

[5]

J.-F. Lyotard (1983), Le différend, Minuit, Paris.

[6]

Carl Schmitt (1938), Der Leviathan in der Staatslehre des Thomas Hobbes : Sinn und Fehlschlag eines politischen Symbols, éd. G. Maschke, Cologne, Hohenheim, Le Léviathan dans la doctrine de l’état de Thomas Hobbes : Sens et échec d’un symbole politique, Le Seuil, Paris.

[7]

cf. Francis Edward Jackson Valpy Etymological Dictionary of the Latin Language.

[8]

Robespierre, Discours du 25 décembre 1793 et du 5 février 1794; Saint-Just, discours du 23 Pluviôse de l’an I ; Michel Vovelle, 1793, La Révolution contre l’Église, de la Raison à l’Être Suprême, éditions Complexe, 1988.

[9]

R. Samaddar, « Law and Terror in the Age of Constitution-Making », in G. Tarabout et R. Samaddar, Conflict, Power and the Landscape of Constitutionalism, Routledge, Londres, 2008, p. 50-79.

[10]

OAS, Organisation Armée Secrète, organisation militaire et politique clandestine française opposée à l’indépendance algérienne (1961-1963).

[11]

R. Samaddar, op. cit.

[12]

P. Sloterdijk, « La guerra de gas o : El modelo atmoterrorista », en Esferas III (Espumas), Siruela, Madrid, 2006, p. 75-101, éd. allemande in Sphären III (Plurale Sphärologie). Schaüme, Suhrkamp Verlag, Frankfurt am Main, 2004.

[13]

Il faut reconnaître que déjà en juillet 1994 l’attentat à l’explosif contre l’AMIA, la mutuelle juive de Buenos Aires, qui fit 86 victimes, anticipait le type d’attentat que nous verrions dans la première décennie du nouveau siècle aux États-Unis et en Europe.

[14]

Sur la différence entre violence et brutalité voir l’article de Frédéric Neyrat, « Empêcher d’exister – une hypothèse cosmopolitique negative », dans ce numéro.

[15]

Voir G. Agamben, État d’exception. Homo Sacer II, I, Le Seuil, Paris, 2003, pour la thèse d’un processus moderne aboutissant à la condition de surveillance généralisée ; pour une réplique mitigée, D. Bigo, « De “l’état d’exception” », Terrorisme. États et Sociétés, op. cit., NAQD, N°24, Alger, 2007, p. 105-128.

[16]

J. Derrida et J. Habermas, Le “concept” du 11 septembre, propos compilés par Giovanna Borradori, Galilée, Paris, 2004.

[17]

Sur l’exscription en tant que logique inversée d’émergence du sens, cf. Akira Mizuta Lippit, Atomic light (Shadow optics), University of Minnesota Press, Minneapolis, 2005.

[18]

M. Foucault, Naissance de la biopolitique, Gallimard, Paris, 2004.

[19]

C. Jenks, The Language of Post-Modern Architecture, Rizzoli, New York, 1977.

[20]

J.-F. Lyotard, La condition Postmoderne, Minuit, Paris, 1979.

[21]

F. Duque, Terror tras la postmodernidad, Abada Eds., Madrid, 2004.

[22]

L. Wittgenstein (1953), Recherches Philosophiques, Gallimard, Paris.

Plan de l'article

  1. La terreur comme fait de civilisation moderne
  2. Sémantique revisitée : Les mots « terreur » et « terrorisme » ont-ils la même signification après le 11 septembre ?