Péninsule, archipel, déterritorialisation. Où va le philosopher italien ?

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Péninsule, archipel, déterritorialisation. Où va le philosopher italien ?

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La nature historique de la philosophie italienne a été, depuis longtemps, à la fois celle de la déterritorialisation (R. Esposito) et de l’universalisation. Le destin de la fragmentation communale à l’époque du Bas Moyen Âge et, après, le destin de la division puis ensuite de la soumission à des puissances étrangères, a fait de l’Italie, du point de vue philosophique aussi, un terrain d’expérimentation perpétuelle pour de nouvelles synthèses concernant le sens du monde. Un sens de la nature, avant tout, puis de l’histoire et de la politique, qui a mûri dans le contexte de la redécouverte des arts et des philosophies du monde gréco-romain, à l’âge de la Renaissance. Cet aspect déterritorialisé et cosmopolite de la philosophie italienne, centré sur le sens de la nature et de l’histoire, s’est conservé de façon assez originelle jusqu’à nos jours. Les axes principaux du philosopher à l’italienne sont, en effet, repérables dans les principaux centres géo-historiques autour desquels il s’est déterritorialisé, c’est-à-dire les différentes « capitales » de la pensée italienne. On peut en repérer six ou sept : Rome, Milan, Turin, Naples, Florence-Pise, Lecce-Bari, Calabre-Sicile.

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Avec Rome, loin d’être la seule capitale de cette activité millénaire – comme c’est le cas pour la France et Paris –, le philosopher, en Italie, a connu une décentralisation accrue qui, d’une part, a favorisé la création d’écoles et de styles de réflexion autonomes et originaux (surtout au Sud, sur l’axe Naples-Lecce-Calabre-Sicile), d’autre part la déterritorialisation a produit aussi une tendance à la clôture et du coup une certaine provincialisation de la pensée (localismes). C’est une tendance à la clôture qui engendre un revers très fécond : la dissémination des penseurs italiens dans le monde entier. Il faudrait donc concevoir un huitième pôle, ou centre de diffusion du philosopher en Italie, hors des frontières nationales, notamment aux États Unis et en Europe (France, Allemagne, Angleterre).

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Cette pluralité de voix du philosopher en Italie et hors d’Italie a permis de contourner, en quelque sorte, la contraposition bien connue aujourd’hui entre philosophes « analytiques » et « continentaux », l’univers italien étant beaucoup plus complexe et différemment découpé. On pourra repérer ici encore les trois grands axes de la réflexion italienne classique : les naturalismes (y compris les « analytiques » et les philosophes des sciences), les philosophies de l’histoire (y compris l’herméneutique et la déconstruction) et les philosophies de la politique, avec les déclinaisons de la biopolitique et annexes. L’univers conceptuel de ce philosopher se dessine ainsi sous les contours métaphoriques de son origine : une péninsule et un archipel, avec de nombreuses îles, sans cesse en évolution ou à la dérive.

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Pluralité et dérive ont une valeur, un avantage essentiel. Comme l’affirme Roberto Esposito – voir dans ce numéro son article : « Vie biologique et vie politique » – : « D’où vient cet intérêt pour la philosophie italienne ? D’un côté, il vient de la crise des trois grands courants philosophiques contemporains : le courant analytique, herméneutique en Allemagne et déconstructiviste en France. Ma thèse est que la pensée italienne est à l’abri, en bonne partie, de cette crise, parce qu’elle n’a pas été marquée, comme les autres traditions, par le primat transcendantal du langage, mais plutôt par la relation constitutive entre politique, histoire et vie. Remo Bodei l’a bien dit : “La philosophie italienne est une philosophie impure, sauvage, non repliée sur elle-même, mais extrovertie, disséminée dans le monde extérieur” [1][1] R. Esposito, Pensiero vivente. Origine e attualità... ».

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Si cela est vrai, comme nous serions portés à le croire, il est cependant difficile que l’on puisse parler aussi d’une Italian Theory. D’abord, parce que c’est la nature de cette déterritorialisation de la pensée qui rend difficile par elle-même la définition d’un theorein homogène, un regard philosophique qui puisse avoir les attributs d’une école ou d’un ensemble théorique cohérent, du point de vue et de la méthode et des langages. Deuxièmement, l’histoire récente de notre tradition philosophique a connu une seule vraie tentative, au XXe siècle, de fonder une école unitaire, ou une « théorie italienne » qui a eu un retentissement international remarquable et cela a été le marxisme ouvriériste de l’après-guerre, avec toutes ses diramations tentaculaires (la revue Quaderni rossi, M. Tronti, A. Negri, les marxismes en général, etc. voir dans ce numéro la contribution de V. Morfino : « Marx en Italie au début du XXIe siècle »). Une opération philosophico-politique et culturelle qui a connu une chute, après une faillite cuisante à partir des années quatre-vingt. Puis, il y a eu la recherche de G. Agamben et de quelques autres, mais il s’agit de penseurs indépendants et prestigieux, et non pas d’une tendance unitaire, ni d’une « école » à retentissement international.

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L’idée d’une Italian Theory est valable pour les XVIe et XVIIe siècles de notre histoire moderne, pour le Rinascimento (de Bruno à Campanella), Vico et les Lumières, lorsque l’Italie a connu réellement une ligne de recherche unitaire, non-cartésienne (ou anticartésienne), dans laquelle a émergé une sorte d’« histoire naturelle », c’est-à-dire un sens très fort de l’historicité du monde et de l’homme, mais enraciné dans les traits permanents de la nature humaine (voir ici la contribution de P. Virno : « Histoire naturelle. La dispute entre Foucault et Chomsky sur la nature humaine »). À l’égard du présent, discuter d’Italian Theory, c’est commettre une erreur de perspective qui consiste à confondre l’attention que le marxisme ouvriériste italien a mérité, à l’étranger comme en Italie, dans les trois dernières décennies du XXe siècle, avec une originalité d’ensemble de la philosophie italienne actuelle tout court. C’est une équivoque liée également à la dispersion, hors d’Italie, d’un bon nombre de penseurs indépendants qui ont travaillé sur la ligne de cette tradition, de manière très originale – un exemple marquant est celui de Toni Negri –, et qui ont donné vie, directement ou indirectement, à cette « figure » symbolique autour de laquelle se sont aussitôt formés des cercles d’intellectuels, d’émigrés (une partie d’entre eux), pour les raisons que nous avons expliquées auparavant [2][2] Cf. D. Gentili, Italian Theory. Dall’operaismo alla.... Ce qui n’ôte rien à l’importance de ce courant qui se réclame d’une telle symbolique dont on présente ici des contributions importantes (R. Esposito, P. Virno).

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Cela dit, on peut souscrire à la thèse générale de R. Esposito, à savoir qu’il y a une originalité vivante de la philosophie italienne aujourd’hui, qui s’articule autour des trois pôles mentionnés : politique, histoire et vie (ou « nature »). Ce sont aussi les trois notions qui jouent le rôle d’une sorte de fil conducteur multiple, pour les contributions que nous présentons dans ce numéro de Rue Descartes. La contribution de R. Esposito fournit une synthèse remarquable sur le sujet principal : ce qu’est la « biopolitique ».

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Les six autres articles qui forment la section « Corpus » offrent un panorama assez riche des différentes approches non seulement disciplinaires, mais problématico-conceptuelles, d’abord de la grande question de l’histoire, et notamment de l’histoire de la pensée abordée dans l’essai de G. Paganini : « Réflexions sur l’activité de l’historien de la philosophie, entre Bayle, Kant et Musil ». L’auteur offre un panorama de l’école italienne qui peut remonter à deux grandes figures d’historiens de la pensée, Mario Dal Pra et Eugenio Garin – dont Paganini est le digne élève et héritier – qui ont marqué en profondeur la discipline historico-philosophique dans la Péninsule. Le scénario est celui d’un scepticisme méthodologique qui marque l’activité de l’historien de la pensée en Italie, et l’a mis devant le même spectacle qu’offrait déjà Musil, dans L’Homme sans qualité : celui d’une culture philosophique « en guerre », irrémédiablement fragmentée et dispersée en plusieurs « armées », où se confrontent et se confondent non seulement les deux vieux « bataillons » des continentaux et des analytiques, mais également une pléthore de champs de recherches disciplinaires, sectorielles, où il est difficile de repérer un engagement véritable autour d’une vérité quelconque. Pas de politique de la vérité, mais un scepticisme historiciste pluridisciplinaire domine donc, sous la marque d’un rationalisme enraciné dans la tradition des Lumières (Vico et Hume), dont Paganini est un grand connaisseur et fin interprète.

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C’est un état de choses – celui de la dispersion sous forme d’archipel – qui est confirmé dans deux cas, par les nouvelles sciences cognitives italiennes, dont s’occupe F. Ferretti dans « Philosophy of Language and Cognitive Sciences in Italy », et par les philosophies des sciences, avec l’héritage complexe des épistémologues italiens de l’après-guerre, dont l’essai de S. Gozzano : « Philosophy of Science in Italy » dessine les contours très découpés. Il s’agit de deux domaines relativement récents et nouveaux, en Italie, le premier n’a connu un véritable essor que depuis à peine une trentaine d’années. Ferretti est l’un des premiers à avoir introduit en Italie les penseurs du cognitivisme américain – J. Fodor notamment, dont il a été le traducteur – avec une approche du problème de la cognition et du langage humain tout à fait éloignée de ce « primat transcendantal du langage » dont parlait Esposito. Le langage – domaine de recherche privilégié – vu par Ferretti d’une nouvelle perspective évolutionniste et darwinienne [3][3] F. Ferretti, Aux origines du langage humain. Le point..., est enraciné dans le bios, dans la nature matérielle de l’être humain, en tant qu’un être animal parmi les autres. La polémique avec la philosophie du langage de marque saussurienne et structuraliste est ouverte, compte tenu du fait qu’il persiste une hégémonie que les structuralistes et les linguistes « techniciens » ont exercée, en Italie, pendant longtemps.

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Cette perspective hégémonique de la philosophie du langage, liée à l’histoire littéraire et politique et au linguistic turn interprété à l’italienne, est abordée par C. Stancati dans « La philosophie du langage en Italie aujourd’hui ». L’« École de Rome » de philosophie du langage, fondée par Antonino Pagliaro (1898-1973) après la Seconde Guerre mondiale à « La Sapienza », se présentait comme un mélange original de philologie, linguistique, idéalisme (de marque gentilienne) et structuralisme. Ses élèves – Tullio de Mauro (1932) par exemple, professeur de Linguistique générale à « La Sapienza », traducteur et interprète de Saussure et déjà ministre de l’Éducation nationale – ont élargi, peu à peu, cette approche, introduisant d’autres points de vue, plus ouverts vers les traditions analytiques et naturalistes. Dans les années quatre-vingt, à Rome, on étudiait Wittgenstein, Saussure, Benveniste, Hjelmslev et Chomsky, mais on étudiait plutôt l’histoire et la philosophie des langues. Le parcours de la philosophie italienne du langage semble suivre une voie qui mène, encore une fois, de l’histoire à la nature (et à la vie), et de la langue (parole) – historiquement et structurellement considérée – au langage. Comme l’explique bien C. Stancati, il s’agit d’un trajet qui conduit « du logicisme au naturalisme et à l’ontologie ».

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Un autre parcours parallèle est celui de la déconstruction et de la philosophie herméneutique dans sa réception italienne. L’article de G. Dalmasso, « Herméneutique et dé-construction. Parcours italiens » dessine une carte de la pensée déconstructionniste en Italie, dès les premières traductions de J. Derrida, et (en même temps) de M. Heidegger et de F. Nietzsche, dont les modèles ontologiques ont marqué la spécificité de cette réception. La carte est, elle aussi, très découpée. On assiste à la réception de la pensée d’E. Levinas, grâce au travail d’Enrico Castelli, jusqu’à la formation de ces courants de pensée herméneutique qui ont accompagné les premiers travaux du CIPh dès ses origines, avec la « pensée faible » de G. Vattimo (l’un des premiers DP à l’étranger du CIPh) et de P. A. Rovatti, en dialogue avec la phénoménologie de M. Merleau-Ponty, P. Ricœur, J.-L. Marion. Une spécificité caractérise ce dialogue-réception, comme le souligne Dalmasso, à savoir l’attention à l’épaisseur historique du travail de la philosophie : « Les notions de contexte historique, d’histoire des idées, de genèse de dettes et de legs, tant qu’elles résistent au savoir homologateur d’une certaine culture médiatique grandissante, resteront les gardiennes de cette mesure minimale de sens critique qui reste encore en certains endroits de la population européenne ».

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Cette considération critique renoue avec les vicissitudes de la phénoménologie husserlienne en Italie, telle que nous la dessine E. Franzini : « La phénoménologie et l’École de Milan » dans la section « Traverses ». Cette École se forme autour de la personnalité intellectuelle d’Antonio Banfi (1886-1959), penseur de vocation néokantienne, qui connut et apprécia Simmel et ensuite Husserl, dont il développa les implications pragmatistes de sa phénoménologie axée sur une idée de raison comme étant génétiquement enracinée dans l’expérience pratique et politique (Banfi fut sénateur du PCI, dans l’après-guerre). L’École de Milan – à côté de l’autre grande « École » dont on a déjà parlé, celle des marxismes de différente inspiration (voir encore V. Morfino) – a donné vie à un courant culturel important dans l’histoire de la pensée italienne du XXe siècle, qui a connu des hybridations intéressantes avec la pensée de Marx (les cas d’E. Paci, de G. Preti et de F. Papi) et qui s’épanouit, encore aujourd’hui, bien au-delà du domaine « professionnel » de la philosophie, jusqu’à empiéter sur le terrain des arts et de l’esthétique en général, comme en témoigne le tableau que Franzini, spécialiste de l’esthétique phénoménologique, dessine ici avec rigueur et passion.

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Au cœur de ce numéro le lecteur trouve l’interview (Section « Parole ») de M. Perniola : « L’esthétique italienne, du Novecento au XXIe siècle ». La relation intellectuelle (et affective) de l’auteur avec le CIPh, dès sa fondation, son amitié de longue date avec J. Derrida, sa fréquentation de la France avec G. Debord, G. Bataille, G. Deleuze, J.-F. Lyotard, nous permet de saisir de plus près les liens profonds qui rattachent une partie essentielle de la culture esthétique italienne contemporaine, dont Perniola est le représentant le plus original, avec la philosophie française actuelle, grâce aussi aux nombreuses traductions de ses ouvrages parues en France. La première préoccupation de la recherche de Perniola s’exprime dans la réponse à la question concernant la position de l’esthétique italienne du XXe siècle : « Les manifestations de la pensée esthétique italienne, depuis 1968, peuvent être regardées comme des solutions théoriques différentes à un seul problème qui a profondément ébranlé la société italienne de cette période et qui peut être formulé de cette manière : Comment penser le conflit ? Quelle relation y a-t-il entre les opposés ? Que sont les opposés ? Comment peut-on configurer leur réconciliation ?… ». Le tout de cette réflexion se situe aussi sous le signe de la déconstruction réinterprétée, d’une anthropologie esthétique très originale et d’une fine analyse du sentir typique de cette postmodernité qui semble avoir quitté l’Europe et l’Occident, comme le montre Perniola (philosophe qui s’attribue l’autodéfinition d’« apatride », en perpétuelle « transition »), pour migrer vers l’Extrême-Orient (Chine et Japon) et vers l’Amérique du Sud (Brésil).

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L’essai de L. Floridi mérite aussi une attention particulière : « Trois leçons philosophiques de Turing et la philosophie de l’information », en tant qu’exemple ou modèle d’un « philosopher » italien à l’étranger. L’auteur, émigré après son doctorat dans les année quatre-vingt-dix, travaille depuis deux décennies en Angleterre et s’est consacré avec passion à la PI (Philosophy of Information) et à l’éthique de l’information, en collaborant en qualité de professeur visiteur avec des universités italiennes (Bari et d’autres), sans couper les ponts avec la Péninsule. La synthèse qu’il présente ici de cette discipline philosophique est efficace et indique la direction – la philosophie analytique et ses critiques – dans laquelle se sont engagés un bon nombre de philosophes italiens à l’étranger. La vision positiviste et d’inspiration optimiste de la PI de Floridi est axée sur trois voies : 1/ La position des questions philosophiques sur le « niveau d’abstraction » (Level of Abstraction) juste qui leur convient ; 2/ Le tri des questions philosophiques importantes à poser et sur lesquelles se concentrer ; 3/ Le développement d’une nouvelle anthropologie d’où l’on puisse approcher ces questions philosophiques importantes. Voilà les « trois leçons » qu’A. M. Turing, en tant que génie de la philosophie des mathématiques et des machines, a léguées à notre époque.

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Achève notre recueil un autre « modèle » du philosopher italien, cette fois-ci en Italie, celui qui a marqué le plus en profondeur cette culture philosophique et qui s’inspire des écoles marxistes et ouvriéristes du siècle dernier, celui de S. Timpanaro (1923-2000) : « Considérations sur le matérialisme ». C’est un texte qui appartient au passé, mais qui est projeté aussi dans l’avenir d’un débat qui reste bien ouvert sur la question essentielle : y a-t-il encore un espace de création des possibles politiques d’émancipation humaine, dans le cadre de cette « tradition » de pensée matérialiste – axée sur la ligne histoire-politique-vie ? Une pensée non-métaphysique, non-idéaliste, telle que le sont encore, en bonne mesure, la phénoménologie, la déconstruction et, en général, toutes les philosophies contemporaines qui insistent sur ce « primat transcendantal du langage ».

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L’auteur était un philologue de formation, élève de l’école de linguistique de G. Pasquali (voir l’article de C. Stancati), l’un des intellectuels les plus originaux de la fin du XXe siècle en Italie. Timpanaro s’est efforcé de fonder une lecture de la philosophie marxiste – et, à travers la critique de Freud, une nouvelle théorie des besoins et des pulsions – qui soit à l’abri de toute tentation métaphysique et de toute retombée dans l’idéalisme, même celui camouflé sous les habits séduisants du structuralisme althussérien, de la déconstruction derridienne (dans certaines de ses issues), de l’herméneutique ricœurienne, etc. La réponse à ce défi, inspirée de la pensée de G. Leopardi et des philosophes matérialistes « classiques » des Lumières, est la même qu’on pourra donner à la question parallèle qui traverse, comme un fil conducteur, cet essai : « Qu’est-ce que le matérialisme ? », celui de Marx, comme celui d’autres auteurs, tels que Chomsky, Foucault, Agamben et tant d’autres dont il est question ici ? En lisant ces pages de Timpanaro, d’une clarté fulgurante, le lecteur pourra essayer de se donner une réponse et de dresser lui-même un premier bilan de cette « pensée vivante » (R. Esposito) dont on n’a esquissé ici qu’un simple aperçu.

Notes

[*]

Directeur de Programme au CIPH (« Formes de la rationalité et du jugement des Lumières à nos jours. Raison, nature, esprit, corporéité. Perspectives transdisciplinaires »). Philosophe et professeur d’histoire de la philosophie à l’Université de Rome II « Tor Vergata », il s’est occupé des courants de pensée hétérodoxes, matérialistes, libertines et/ou clandestines du XVIIIe siècle à nos jours, en particulier avec la préparation d’éditions critiques de textes (il dirige un master sur la « textualité » philosophique de l’âge moderne). Il s’est penché sur l’étude des philosophies de la vie, de la modernité à la contemporanéité, et sur le problème de la corporéité et du rapport esprit-corps, notamment dans : Matérialismes et Lumières. Philosophies de la vie, autour de Diderot et de quelques autres. 1706-1789, Paris, 2009 et Anima, mente e cervello. Alle origini del problema mente-corpo da Descartes all’Ottocento, Milan, 2009 (http://www.scuoladifilosofia.it/dottorato/collegio-docenti/paolo-quintili).

[1]

R. Esposito, Pensiero vivente. Origine e attualità della filosofia italiana, Torino, Einaudi, 2010.

[2]

Cf. D. Gentili, Italian Theory. Dall’operaismo alla biopolitica, Bologna, Il Mulino, 2012. En janvier 2014 un colloque international a eu lieu à Paris (Nanterre-Sorbonne) sur : « L’Italian Theory existe-t-elle ? – Does Italian Theory exist- » ; voir : D. Gentili, E. Stimilli (éds.), Differenze italiane. Politica e filosofia : mappe e sconfinamenti, Roma, Deriveapprodi, 2015.

[3]

F. Ferretti, Aux origines du langage humain. Le point de vue évolutionniste, Traduit de l’italien par P. Quintili et M. Tascherio, Paris, Éditions de L’Harmattan, 2015.